Koi-no-takinobori, le premier modèle de la série « Waterfall and Nature » : techniques et description

Lancé en septembre 2016, ce premier modèle de la série « Waterfall and Nature » connaît un vif succès : seules quelques pièces sont encore disponibles (en production actuellement) et seront en vente en 2017.

L’artiste Maki-e, Ikki Moroike, est connu chez Sailor pour avoir produit la série des 4 « Saisons sous les Etoiles ». Les techniques maki-e principales utilisées sont quasi-identiques à celles mises en avant pour produire les Saisons sous les Etoiles. Le détail de ces techniques à fait l’objet d’un post ici >> .

On retrouve les principales techniques sur les images suivantes :

Taka (relief) maki-e :

Taka maki-e sur le Koi no takinoboriSur le corps du stylo-plume :

Le taka maki-e met en valeur le relief du paysage en premier plan. Ce sont les éléments végétaux qui sont mis en relief.

hagi-flowerOn distingue en bas à droite de l’image, le Lespedeza thunbergii (feuilles vertes et arrondies aux extrémités et inflorescences rouge – or). C’est une plante vivace de la famille des Fabacées, les légumineuses, originaire de Chine et du Japon. Le nom japonais est fleur HAGI : hagi 萩 はぎ. Le Hagi fait partie des 7 plantes d’automne (Aki no Nanakusa) que l’on trouve fréquemment au Japon, dans la nature mais aussi dans l’histoire, dans la tradition culinaire ; les feuilles étant utilisées pour le thé, les graines étaient mélangées avec le riz. Les 7 plantes d’automne, Aki no Nanakusa, trouvent leur origine au 8ème siècle ; les poètes japonais dans les citent souvent dans le « recueil des dix mille feuilles », l’anthologie du Manyôshû du poète Okura. Aki no Nanakusa est toujours une grande source d’inspiration pour les poètes d’aujourd’hui au travers des Haiku et des tanka. En poésie le Hagi revient assez régulièrement dans les plantes pour évoquer le paysage d’automne. Le Hagi fait également l’objet d’un festival à l’automne à Tokyo et Kyoto. Il est le symbole de l’arrivée de l’automne.

golden-laceEn bas à gauche, les inflorescences et les plantes en or sont des Patrinies (Patrinia scabiosaefolia), plante typique du Japon ; elles sont très proches de la Valériane. Le nom japonais est OMINAESHI 女郎花. Elle fait également partie des 7 plantes d’automne (Aki no Nanakusa) que l’on retrouve fréquemment au Japon, dans la nature mais aussi dans l’histoire et la tradition. Elle symbolise au Japon les promesses tenues.

 

 

kikyo-campanuleEn haut à gauche, les fleurs mauves sont des Platicodons à grandes fleurs ou campanules à grandes fleurs (Platycodon grandiflorus). Le nom japonais est KIKYÔ 桔梗. Elle aussi fait partie des 7 plantes d’automne (Aki no Nanakusa). Kikyo symbolise l’amour infini et l’honnêteté.

 

Sur le capuchon :

taka-makie-koinotakinobori-2

 

Le taka maki-e donne sur le capuchon un véritable effet de perspective : le poisson Koi tout d’abord apparaît au premier plan dans cette composition en relief taka. Puis l’eau de la cascade et les montagnes en relief donne de la force à l’impression de mouvement de cette scène.

Le poisson Koi de la cascade est bien sûr l’élément majeur ; il semble voler. C’est l’objet de la légende : un groupe de carpes Koi (espèce de poisson rouge typiquement japonais) qui s’obstinait à atteindre l’amont des célèbres chutes du fleuve Jaune (Chine). Continuellement et sans jamais se décourager malgré les moqueries de démons locaux, quelques carpes Koi continuèrent sans relâche et avec obstination d’essayer de vaincre les rapides et les chutes du fleuve Jaune. Puis au bout de presque 100 ans de tentatives et d’échecs, seule une carpe parvint à franchir le haut des chutes. Les Dieux cessèrent de sourire et furent remplis d’admiration devant cet exploit héroïque. Pour témoigner leur admiration et en guise de récompense, ils transformèrent la carpe Koi en Dragon d’Or Eternel. Ce Dragon Eternel chasse désormais les perles de sagesse dans le ciel.

koi-poissonLa carpe Koi symbolise l’énergie, le pouvoir et le courage ; il est devenu symbole de persévérance, d’endurance et de triomphe dans l’adversité pour les parcours de vie de chacun.

Pour célébrer cette légende, le 5 mai de chaque année, chaque famille japonaise met devant sa maison un cerf-volant en forme de poisson Koi accroché à un mât. C’est le jour du festival des enfants « Kodomo no Hi » ou Koinobori. Voir ici le post consacré au Koinobori >>

Le poisson Koi au Japon est une vraie institution ! Ces poissons de type carpe vont du rouge au blanc avec ces motifs très variés.

koi-taka-1koi-taka-2A noter également : le Koi sur le capuchon est en relief. Il bondit dans l’air pour atteindre le sommet de la cascade. Mais sur le corps du stylo-plume, le Koi est dans la rivière, l’artiste le représente à plat (sans taka maki-e) pour bien différencier les étapes.

Ainsi, le corps représente une scène paisible où l’on devine le poisson Koi qui s’avance vers la cascade. Le capuchon lui est une toute autre scène. L’eau et le Koi donne une impression de mouvement qui contraste avec la scène du corps du stylo.

Togidashi-maki-e :

 Généralités : c’est la mise en valeur d’un décor par un polissage répété. Le principe général est de recouvrir le support préparé (le « fond ») de plusieurs couches de laque noir ou or/argent uni, d’y peindre ensuite le décor maki-e avec un laque coloré comme repère, puis de saupoudrer dessus de la poudre d’or « kin togidashi » ou d’argent « gin togidashi ». Dans le cas de décors aux nombreuses couleurs, on parle de « iro-togidashi » à base de poudres de pigments. Cette première phase donne un décor en léger relief. Puis l’artiste recouvre tout l’objet du même laque employé pour la première couche, et dégage son décor en polissant les zones vierges, jusqu’à l’obtention d’une surface lisse et très brillante. Toutes les couches sont couvertes d’un laque spécial « rose urushi », poncé dans le processus.

Le «togidashi » est long et fastidieux ; c’est un travail haut-de-gamme qui est employé pour les pièces luxueuses.

Voici le schéma pour compléter l’explication du luxueux togidashi maki-e :

togidashi_makie

koinotakinobori-togidashiOn voit bien ce travail de couches successives qui donnent une impression de relief : le relief cette fois-ci est suggéré différemment du Taka maki-e. Le taka suggère le relief par de l’épaisseur. On ressent ce relief en touchant le décor. A l’inverse, le togidashi donne à voir le relief sous une surface parfaitement lisse.

Les particules d’or et d’argent semblent flotter à des niveaux de profondeur différents.

Bokashi :

Généralités : -Bokashi-maki-e 暈蒔き暈蒔きou maki-bokashi: sous ce nom, 2 effets possibles :  pour rehausser un motif, l’artiste parsème, en soufflant dans son tsutsu (tige de bambou) un mélange de 2 poudres ou paillettes de granulométries différentes d’or ou d’argent, des bords vers l’intérieur du motif ; cette technique difficile crée un effet de dégradé et fait ressortir les contours. Autre effet : le dégradé de paillettes est composé sur un laque coloré, en « pluie », sans chercher à créer un motif, mais pour « ombrer » une zone.

Sur le Koi-no-takinobori, on voit au moins 3 représentations techniques différentes du Bokashi :

Sur le haut du capuchon,

bokashi-3
Sur le haut du capuchon, le dégradé est réalisé essentiellement avec des poudres d’argent Gin-bokashi.
Bokashi sur le milieu du stylo-plume : argent (Gin-Bokashi) et or (Kin-Bokashi).
Bokashi sur le milieu du stylo-plume : argent (Gin-Bokashi) et or (Kin-Bokashi).
Gin-Bokashi avec la signature de l'artiste (Imei) et le numéro du modèle en série limitée.
Gin-Bokashi et Kin-Bokashi avec la signature de l’artiste (Imei) et le numéro du modèle en série limitée.

L’artiste Ikki Moroike

Monsieur Ikki Moroike est né en 1962 dans la Préfecture d’ Ishikawa au Japon. Après ses études dans une école d’art, il est entré en apprentissage de 1980 à 1986 auprès du maître maki-e réputé Monsieur Ikkou Kiyose, à Kanazawa (capitale de cette préfecture, et ville réputée pour son art maki-e et ses cérémonies du thé depuis l’ère Edo, au 17ème siècle).

Puis il s’est installé à son compte à Kaga, dans la même préfecture ; dans le même temps, il a présenté son art lors d’expositions organisées par l’institution « Yamanaka Lacquer Art Craft Maki-e » ; il a remporté le premier prix de nombreuses fois sur plusieurs années. La ville de Kanazawa a sélectionné cinq de ses œuvres pour son exposition permanente d’œuvres récompensées, et la ville de Kaga a fait de même pour deux de ses créations.

Dès 1988, ses œuvres ont été sélectionnées par la prestigieuse « Exhibition of Japanese Traditional Lacquer Art Craft », organisatrice d’expositions nationales. Monsieur Ikki Moroike a eu l’honneur en 1994 de voir une de ses œuvres achetée par la famille impériale.

Depuis 1999, Monsieur Ikki Moroike est membre de l’Association d’Artisanat d’art du Japon « Japanese Art Crafts Association ».

 

 

 

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