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1911 Large : Contes Genji Collection "Kohi". 10 modèles en série limitée à 88 exemplaires au monde..

Cette série, limitée à 88 pièces par modèle, a été créée en 2008 pour célèbrer les 1000 ans des " Contes du Genji " (ou " Dit du Genji", titre nippon: "Monogatari Genji "). Cette œuvre majeure est un des textes fondateurs de l'Orient, et peut être comparée à l'Iliade et l'Odyssée d'Homère pour l'Occident quant à son impact culturel ; ce patrimoine respecté et inscrit à l'UNESCO a grandement influencé la littérature, l'esthétique et les arts nippons. Il est connu comme le plus ancien roman psychologique du monde, attribué à une femme, Murasaki Shikibu, et écrit au XIè s. durant l'ère Heian (lorsque la capitale était alors l'actuelle Kyoto). Ce roman est toujours lu de par le monde ; il a enrichi le cœur et l'esprit de nombreux lecteurs, et la pérennité des sentiments humains qui y sont décrits le rend intemporel. Il raconte en 54 chapitres la vie, la mort et la descendance d'un très beau prince, le Genji, fils de l'empereur, mais non héritier, et de nombreux personnages gravitant et intriguant autour de lui, personnage charismatique.
La particularité de ce roman est de conter cette histoire comme si elle était vraie, avec de nombreux détails sur la vie intime à la cour, dont l'auteure faisait partie. Ce conte décrit les mœurs décadentes, intrigues et secrets, thèmes chers aux contes populaires, aux légendes, tragédies et opéras ; mais il décrit aussi l'exquise beauté de la nature.

contes Genji

contes Genji : détail des stylos

Sailor a choisi le 1911 et ses qualités d'écriture pour représenter cette superbe collection de 10 stylos-plume, dont les décors ont été créés une jeune artiste, Melle Misako Azumai ; elle est spécialiste de la technique maki-e " Kyo ", propre à l'école maki-e de Kyoto où elle a appris auprès d'un maître, Mr Tadao Kuneida ; ses décors délicats traduisent sa sensibilité féminine.

Les thèmes sont peints en laque urushi colorée d'or et de quelques pigments.
Le style est simple, réaliste, et se découpe sans autre apprêt maki-e sur le fond noir en résine laquée ; la palette des couleurs est réduite et le dessin est épuré, mais cela suffit pour identifier le sujet.
Cette technique prend sa source dans les racines du maki-e, avant l'apparition des techniques très sophistiquées, quand il s'agissait de décrire une scène par la peinture au pinceau.


L'artiste a choisi les dix thèmes principaux se rapportant quasiment tous à la flore et à la faune, et qui sont, dans leur ordre d'apparition dans le texte original:

Hahakigi (le genêt)
Yugao ("fleur de lune")
Hana-no-en (le banquet des cerises)
Sakaki (l'arbre sacré)
Hana-chiru-sato (le village des orangers en fleurs)
Matsukaze (le vent à travers les pins)
Hotaru (les lucioles)
Fuji-no-uraba (feuilles de glycine)
Minori (les rites ou la Loi)
Agemaki (nœuds de trèfle).

(voir les résumés de chaque chapitre ci-dessous).

Hahakigi (selon les traductions : le genêt ou l'arbre à balai), chapitre 2 :
Le Genji est dans sa 17 ème année, et passe peu de temps avec sa première épouse, Dame Aoi, âgée de 5 ans de plus que lui. Dans son entourage d'amis, les conversations sur leurs conquêtes vont bon train. Ainsi un officier de garde raconte à un fonctionnaire du ministère des rites qu'il a eu une maîtresse et qu'il s'est aperçu qu'elle recevait en cachette de lui un autre homme. Une nuit d'automne au clair de lune, alors qu'il partait rejoindre sa maîtresse, il a partagé son carrosse avec un ami, qui lui aussi est descendu devant la maison de la courtisane ; il a alors sorti de son costume une flûte et a commencé à jouer un air de Koto pour elle.
Le stylo est décoré de la scène de la flûte, et l'on aperçoit la main de la maîtresse qui se tient derrière les panneaux de sa maison, sans vraiment se montrer, comme le voulait la bienséance de l'époque.

Yugao (selon les traductions : Fleur de lune ou visage du soir), chapitre 4 :

Pendant une soirée d'été, Le Genji est monté dans son carosse pour rendre visite à sa vieille nourrice ; à côté de chez elle, il remarqua une nouvelle clôture faite de cyprès tressés, et au-dessus, les panneaux de la maison couverts de fleurs blanches très parfumées. Le Genji envoya son domestique Koremitsu demander le nom de ces fleurs. Pendant que Le Genji visitait sa nourrice, son domestique revint avec une des fleurs sur un éventail, et lui dit que c'était une " Yugao" (fleur de lune), qui s'ouvre au crépuscule (c'est en fait la fleur de courge-bouteille). Le Genji entraperçut le visage d'une dame de cette maison qui l'observait derrière son éventail. Il fut charmé et s'enquit auprès de son domestique pour connaître son nom, qui était "Yugao" comme les fleurs. La dame avait un délicieux parfum. Le Genji pensa alors à un poème évoquant cette première rencontre avec Yugao. C'est le thème de " la fleur cachée ", la jeune fille douce qui se tient dans un endroit inattendu, thème récurrent dans ce roman où le Genji rencontre de la sorte de nombreuses maîtresses.
La scène peinte sur le stylo met en avant le carrosse du Genji, arrêté devant la palissade couverte de fleurs inconnues pour lui.

Hana-No-En (festival des cerisiers en fleurs), chapitre 8 :

Au Printemps, Le Genji s'est rendu au festival des cerisiers en fleurs qui avait lieu au Grand Palais. Tard dans la nuit, il a traversé le parc pour rejoindre la résidence de sa maîtresse Fujitsubo; mais la porte est restée fermée. Continuant son chemin dans la nuit brumeuse en quête d'une compagnie féminine, il est arrivé jusqu'à un pavillon où une des dames de la cour l'a laissé entrer, mais elle n'a pas voulu lui dire son nom. Au cours de la nuit, ils ont échangé leur éventail. Le Genji s'est éclipsé au petit matin. Plus tard, le Genji a été invité à une réception sans le savoir par le père de cette dame, Ministre de la Droite. Un éventail était posé et il a reconnu le sien, échangé cette nuit-là. Afin de connaître sa maîtresse d'une nuit, il a demandé à qui appartenait cet éventail et a pu ainsi savoir qu'elle était Oborozukiyo, une dame issue d'une famille rivale. Malgré cela, ils seront encore un temps amants.
Le stylo dévoile la silhouette de trois-quarts de la belle dame Oborozukiyo, tenant l'éventail qui la fit reconnaître du Genji lors du Festival des cerisiers en fleurs, qui décorent le haut du stylo.

Sakaki (l'arbre sacré), chapitre 10 :

Depuis la mort de Dame Aoi, sa première épouse tuée par la haine de Dame Rokujo sa maîtresse d'alors, le Genji avait cessé ses visites auprès d'elle. Il s'est rendu au sanctuaire de Sagano. Un arbre sacré y était entouré d'une clôture de branches d'acacia fermée par une porte en bois sombre. Le vent dans les pins et la majesté du lieu a impressionné le Genji. Celui-ci a alors saisi une des branches de l'arbre sacré, et a improvisé un poème pour l'arbre, en lui disant que son cœur immuable était comme son feuillage persistant. Puis il a passé la nuit à parler auprès de l'arbre, ce qui a apaisé son cœur et fait disparaître son amertume.
Le décor du stylo décrit le lieu sacré, avec la porte "tori" et les clôtures délimitant le sanctuaire sacré, d'où culmine l'arbre en question dans ce passage.

Hana-chiru-sato (le village des fleurs d'oranger), chapitre 11 :

Le Genji est allé rendre visite à une de ses conquêtes, Dame Reikeiden, qui avait été une des concubines du vieil empereur, son père. Sa résidence était silencieuse et solitaire. La nuit éclairée par la lune, parfumée de fleurs d'oranger et traversée du chant du coucou a ému le Genji et fait remonter quelques souvenirs. Il les a alors racontés à sa maîtresse et a ressenti le besoin de s'épancher sur son passé pendant cette nuit.
Pour traduire ce passage du roman, l'artiste a choisi une composition très stylisée, dévoilant la maîtresse du Genji aux longs cheveux (critère de beauté à cette époque) et un bouquet de fleurs d'oranger mêlées en une rosace gracieuse et stylisée, et nouée par des cordons rouges formant des volutes.

Matsukaze (vent dans les pins), chapitre 18 :

Après une visite à Dame Akashi et à leur petite fille la princesse Akashi, Le Genji se rendit à Katsura pour affaires ; il assista à un banquet improvisé en plein air, accompagné de chants de pêcheurs et de récitations de poèmes.
Autour d'une dégustation de vin, un groupe de fauconniers lui ont firent le présent de jeunes faucons aux pattes liées par une branche de roseaux.
Sur le capuchon du stylo, le Genji se tient en face d'une table d'appoint dressée pour le banquet. A ses pieds, agenouillé, un des fauconniers lui fait l'offrande de petits faucons alignés sur la branche qui les retient prisonniers (scène décrite sur le corps de stylo).

Hotaru (les lucioles), chapitre 25 :

Tamakazura était la fille de Yugao (une des conquêtes du Genji) et du prince To-Pas-Chujo (parfois nommé Pour-No-Chugo), l'ex beau-frère du Genji qui a longtemps ignoré l'existence de cette enfant née de sa maîtresse. Elle avait été adoptée par le Genji. Celui-ci l'a exhibée au prince Hotaru une nuit, en usant d'un subterfuge particulier : il a fait mettre dans un sac un grand nombre de lucioles et les a répandues autour du lit de Tamakazura endormie, la révélant ainsi à Hotaru.
L'artiste a pris le parti d'un décor d'iris les pieds dans l'eau, sans lien apparent avec ce passage sur la convoitise amoureuse d'Hotaru, entretenue par le Genji lui-même grand séducteur. A cette époque, les femmes se cachaient aux regards des hommes par le biais de panneaux, paravents, éventails...c'est pourquoi Hotaru n'avait pas eu le loisir de contempler la dame de ses pensées.

Fuji-No-Uraba (selon les traductions : Rêves de glycine ou feuilles de glycine), chapitre 33 :

Le ministre de l'intérieur, To-Pas-Chujo, a organisé un banquet pour fêter les glycines en fleurs. Il a invité Yugiri, le fils du Genji et de sa première épouse, Dame Aoi. A l'apparition de la lune, le vin a été servi ; Yugiri, amoureux depuis six ans de Kumoinokari, fille du Ministre, avait attendu de ce dernier la permission d'épouser sa fille. Lors de cette soirée, Kashiwagi, frère de Kumoinokari et ami d'enfance de Yugiri, a coupé une longue branche de glycine et l'a offerte à Yugiri avec une coupe de vin. Ainsi ce fut une soirée heureuse et romantique pour Yugiri et Kumoinokari, qui avaient attendu longtemps avant d'être enfin réunis. Ce fut aussi le signe de la réconciliation entre leurs deux pères, le Ministre et le Genji, autrefois rivaux en amours puis rivaux en politique.
Les fêtes et banquets des "Contes du Genji " se déroulent très souvent à l'extérieur, aux abords du palais. La scène dévoile une estrade appuyée à un grand pin, auquel se mêlent des branches délicates de glycine; au pied du pin: un éventail, sûrement celui de Kumoinokari, objet lié aux intrigues amoureuses.

Minori (selon les traductions : les Rites ou la Loi), chapitre 39 :

La scène se déroule au Printemps, lorsque les cerisiers sont en fleurs. Murasaki, la seconde épouse du Genji, se trouvait en mauvaise santé depuis quatre ans ; elle a demandé à son mari d'accepter qu'elle devienne nonne pour mieux se préparer au passage dans l'Autre Monde ; mais le Genji a refusé, lui qui pourtant songeait à se faire prêtre, car il craignait de ne pas supporter leur séparation se sachant très attaché à son épouse. Il demanda aux prêtres leurs services pour accomplir le rituel du Sûtra du Lotus (Myoho Renge Kyo, qui prône que chaque homme, chaque femme a le potentiel de devenir Bouddha).
Devant cette belle cérémonie religieuse, Murasaki pensa au peu de temps qu'il lui restait à vivre.
La scène dépeinte est celle du rituel du Lotus, invocation dansée par un prêtre masqué, au somptueux costume

Agemaki (selon les traductions : Nœuds de trèfle ou Boucles du cordon), chapitre 47 :

Le titre "Noeuds de trèfles" se réfère précisément à un passage de ce chapitre où les princesses de la Maison Uji: Oigimi et sa soeur cadette Nakanokimi, préparent la commémoration de l'anniversaire de la mort de leur père. Le Prince Kaoru, amoureux d'Oigimi, est venu les aider. Sur des filets tendus au niveau des terrasses, elles nouent avec des tiges de trèfles des bâtons d'encens sacré; ce geste évoque à Kaoru une ode sur les liens amoureux.
La scène décrite sur le stylo-plume concerne en fait un passage postérieur dans ce chapitre. Oigimi repousse les assauts de Kaoru parce-qu'elle souhaite le voir épouser sa petite soeur; Kaoru accepte de passer une nuit avec elle, mais il n'arrive pas à oublier Oigimi. Il quitte les princesses et monte un plan pour attirer Niou, le 3ème fils de l'Empereur, vers Nakanokimi à laquelle il n'arrive pas à s'attacher. Il écrit à cette dernière une longue lettre lui faisant part de l'attirance de Niou pour elle, et lui fait savoir que ce dernier souhaite passer une nuit avec elle; il lui demande de se tenir prête à le recevoir. De son côté, il parle longuement de Nakanokimi à Niou. Ils décident de descendre le fleuve pour aller séjourner dans la seconde maison de Yugiri, un autre prince, qui est voisine de celle des princesses Uji. Sur leur bateau au toit décoré de feuilles écarlates, Les deux princes font jouer de la musique et des clochettes tintent. Nakanokimi les entend passer sans pouvoir les voir, et elle se réjouit de la future rencontre. De son côté, Niou est impatient de passer la nuit avec elle.
Sur le stylo, les deux hommes du bateau sont donc Kaoru et Niou, en route pour la rencontre amoureuse qui doit sceller le plan de Kaoru. Les feuilles écarlates qui décorent le bateau apparaissent au-dessus de leur tête, au niveau du capuchon, sous un ciel de nuages assombris par la nuit.

 







 

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