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Hahakigi (selon les traductions : le genêt
ou l'arbre à balai), chapitre 2 :
Le Genji est dans sa 17 ème année, et passe peu de temps
avec sa première épouse, Dame Aoi, âgée de
5 ans de plus que lui. Dans son entourage d'amis, les conversations
sur leurs conquêtes vont bon train. Ainsi un officier de garde
raconte à un fonctionnaire du ministère des rites qu'il
a eu une maîtresse et qu'il s'est aperçu qu'elle recevait
en cachette de lui un autre homme. Une nuit d'automne au clair de lune,
alors qu'il partait rejoindre sa maîtresse, il a partagé
son carrosse avec un ami, qui lui aussi est descendu devant la maison
de la courtisane ; il a alors sorti de son costume une flûte et
a commencé à jouer un air de Koto pour elle.
Le stylo est décoré de la scène de la flûte,
et l'on aperçoit la main de la maîtresse qui se tient derrière
les panneaux de sa maison, sans vraiment se montrer, comme le voulait
la bienséance de l'époque.
Yugao (selon les traductions : Fleur de lune ou visage du soir), chapitre
4 :
Pendant une soirée d'été, Le Genji est monté
dans son carosse pour rendre visite à sa vieille nourrice ; à
côté de chez elle, il remarqua une nouvelle clôture
faite de cyprès tressés, et au-dessus, les panneaux de
la maison couverts de fleurs blanches très parfumées.
Le Genji envoya son domestique Koremitsu demander le nom de ces fleurs.
Pendant que Le Genji visitait sa nourrice, son domestique revint avec
une des fleurs sur un éventail, et lui dit que c'était
une " Yugao" (fleur de lune), qui s'ouvre au crépuscule
(c'est en fait la fleur de courge-bouteille). Le Genji entraperçut
le visage d'une dame de cette maison qui l'observait derrière
son éventail. Il fut charmé et s'enquit auprès
de son domestique pour connaître son nom, qui était "Yugao"
comme les fleurs. La dame avait un délicieux parfum. Le Genji
pensa alors à un poème évoquant cette première
rencontre avec Yugao. C'est le thème de " la fleur cachée
", la jeune fille douce qui se tient dans un endroit inattendu,
thème récurrent dans ce roman où le Genji rencontre
de la sorte de nombreuses maîtresses.
La scène peinte sur le stylo met en avant le carrosse du Genji,
arrêté devant la palissade couverte de fleurs inconnues
pour lui.
Hana-No-En (festival des cerisiers en fleurs), chapitre 8 :
Au Printemps, Le Genji s'est rendu au festival des cerisiers en fleurs
qui avait lieu au Grand Palais. Tard dans la nuit, il a traversé
le parc pour rejoindre la résidence de sa maîtresse Fujitsubo;
mais la porte est restée fermée. Continuant son chemin
dans la nuit brumeuse en quête d'une compagnie féminine,
il est arrivé jusqu'à un pavillon où une des dames
de la cour l'a laissé entrer, mais elle n'a pas voulu lui dire
son nom. Au cours de la nuit, ils ont échangé leur éventail.
Le Genji s'est éclipsé au petit matin. Plus tard, le Genji
a été invité à une réception sans
le savoir par le père de cette dame, Ministre de la Droite. Un
éventail était posé et il a reconnu le sien, échangé
cette nuit-là. Afin de connaître sa maîtresse d'une
nuit, il a demandé à qui appartenait cet éventail
et a pu ainsi savoir qu'elle était Oborozukiyo, une dame issue
d'une famille rivale. Malgré cela, ils seront encore un temps
amants.
Le stylo dévoile la silhouette de trois-quarts de la belle dame
Oborozukiyo, tenant l'éventail qui la fit reconnaître du
Genji lors du Festival des cerisiers en fleurs, qui décorent
le haut du stylo.
Sakaki (l'arbre sacré), chapitre 10 :
Depuis la mort de Dame Aoi, sa première épouse tuée
par la haine de Dame Rokujo sa maîtresse d'alors, le Genji avait
cessé ses visites auprès d'elle. Il s'est rendu au sanctuaire
de Sagano. Un arbre sacré y était entouré d'une
clôture de branches d'acacia fermée par une porte en bois
sombre. Le vent dans les pins et la majesté du lieu a impressionné
le Genji. Celui-ci a alors saisi une des branches de l'arbre sacré,
et a improvisé un poème pour l'arbre, en lui disant que
son cur immuable était comme son feuillage persistant.
Puis il a passé la nuit à parler auprès de l'arbre,
ce qui a apaisé son cur et fait disparaître son amertume.
Le décor du stylo décrit le lieu sacré, avec la
porte "tori" et les clôtures délimitant le sanctuaire
sacré, d'où culmine l'arbre en question dans ce passage.
Hana-chiru-sato (le village des fleurs d'oranger), chapitre 11 :
Le Genji est allé rendre visite à une de ses conquêtes,
Dame Reikeiden, qui avait été une des concubines du vieil
empereur, son père. Sa résidence était silencieuse
et solitaire. La nuit éclairée par la lune, parfumée
de fleurs d'oranger et traversée du chant du coucou a ému
le Genji et fait remonter quelques souvenirs. Il les a alors racontés
à sa maîtresse et a ressenti le besoin de s'épancher
sur son passé pendant cette nuit.
Pour traduire ce passage du roman, l'artiste a choisi une composition
très stylisée, dévoilant la maîtresse du
Genji aux longs cheveux (critère de beauté à cette
époque) et un bouquet de fleurs d'oranger mêlées
en une rosace gracieuse et stylisée, et nouée par des
cordons rouges formant des volutes.
Matsukaze (vent dans les pins), chapitre 18 :
Après une visite à Dame Akashi et à leur petite
fille la princesse Akashi, Le Genji se rendit à Katsura pour
affaires ; il assista à un banquet improvisé en plein
air, accompagné de chants de pêcheurs et de récitations
de poèmes.
Autour d'une dégustation de vin, un groupe de fauconniers lui
ont firent le présent de jeunes faucons aux pattes liées
par une branche de roseaux.
Sur le capuchon du stylo, le Genji se tient en face d'une table d'appoint
dressée pour le banquet. A ses pieds, agenouillé, un des
fauconniers lui fait l'offrande de petits faucons alignés sur
la branche qui les retient prisonniers (scène décrite
sur le corps de stylo).
Hotaru (les lucioles), chapitre 25 :
Tamakazura était la fille de Yugao (une des conquêtes du
Genji) et du prince To-Pas-Chujo (parfois nommé Pour-No-Chugo),
l'ex beau-frère du Genji qui a longtemps ignoré l'existence
de cette enfant née de sa maîtresse. Elle avait été
adoptée par le Genji. Celui-ci l'a exhibée au prince Hotaru
une nuit, en usant d'un subterfuge particulier : il a fait mettre dans
un sac un grand nombre de lucioles et les a répandues autour
du lit de Tamakazura endormie, la révélant ainsi à
Hotaru.
L'artiste a pris le parti d'un décor d'iris les pieds dans l'eau,
sans lien apparent avec ce passage sur la convoitise amoureuse d'Hotaru,
entretenue par le Genji lui-même grand séducteur. A cette
époque, les femmes se cachaient aux regards des hommes par le
biais de panneaux, paravents, éventails...c'est pourquoi Hotaru
n'avait pas eu le loisir de contempler la dame de ses pensées.
Fuji-No-Uraba (selon les traductions : Rêves de glycine ou feuilles
de glycine), chapitre 33 :
Le ministre de l'intérieur, To-Pas-Chujo, a organisé un
banquet pour fêter les glycines en fleurs. Il a invité
Yugiri, le fils du Genji et de sa première épouse, Dame
Aoi. A l'apparition de la lune, le vin a été servi ; Yugiri,
amoureux depuis six ans de Kumoinokari, fille du Ministre, avait attendu
de ce dernier la permission d'épouser sa fille. Lors de cette
soirée, Kashiwagi, frère de Kumoinokari et ami d'enfance
de Yugiri, a coupé une longue branche de glycine et l'a offerte
à Yugiri avec une coupe de vin. Ainsi ce fut une soirée
heureuse et romantique pour Yugiri et Kumoinokari, qui avaient attendu
longtemps avant d'être enfin réunis. Ce fut aussi le signe
de la réconciliation entre leurs deux pères, le Ministre
et le Genji, autrefois rivaux en amours puis rivaux en politique.
Les fêtes et banquets des "Contes du Genji " se déroulent
très souvent à l'extérieur, aux abords du palais.
La scène dévoile une estrade appuyée à un
grand pin, auquel se mêlent des branches délicates de glycine;
au pied du pin: un éventail, sûrement celui de Kumoinokari,
objet lié aux intrigues amoureuses.
Minori (selon les traductions : les Rites ou la Loi), chapitre 39 :
La scène se déroule au Printemps, lorsque les cerisiers
sont en fleurs. Murasaki, la seconde épouse du Genji, se trouvait
en mauvaise santé depuis quatre ans ; elle a demandé à
son mari d'accepter qu'elle devienne nonne pour mieux se préparer
au passage dans l'Autre Monde ; mais le Genji a refusé, lui qui
pourtant songeait à se faire prêtre, car il craignait de
ne pas supporter leur séparation se sachant très attaché
à son épouse. Il demanda aux prêtres leurs services
pour accomplir le rituel du Sûtra du Lotus (Myoho Renge Kyo, qui
prône que chaque homme, chaque femme a le potentiel de devenir
Bouddha).
Devant cette belle cérémonie religieuse, Murasaki pensa
au peu de temps qu'il lui restait à vivre.
La scène dépeinte est celle du rituel du Lotus, invocation
dansée par un prêtre masqué, au somptueux costume
Agemaki (selon les traductions : Nuds de trèfle ou Boucles
du cordon), chapitre 47 :
Le titre "Noeuds de trèfles" se réfère
précisément à un passage de ce chapitre où
les princesses de la Maison Uji: Oigimi et sa soeur cadette Nakanokimi,
préparent la commémoration de l'anniversaire de la mort
de leur père. Le Prince Kaoru, amoureux d'Oigimi, est venu les
aider. Sur des filets tendus au niveau des terrasses, elles nouent avec
des tiges de trèfles des bâtons d'encens sacré;
ce geste évoque à Kaoru une ode sur les liens amoureux.
La scène décrite sur le stylo-plume concerne en fait un
passage postérieur dans ce chapitre. Oigimi repousse les assauts
de Kaoru parce-qu'elle souhaite le voir épouser sa petite soeur;
Kaoru accepte de passer une nuit avec elle, mais il n'arrive pas à
oublier Oigimi. Il quitte les princesses et monte un plan pour attirer
Niou, le 3ème fils de l'Empereur, vers Nakanokimi à laquelle
il n'arrive pas à s'attacher. Il écrit à cette
dernière une longue lettre lui faisant part de l'attirance de
Niou pour elle, et lui fait savoir que ce dernier souhaite passer une
nuit avec elle; il lui demande de se tenir prête à le recevoir.
De son côté, il parle longuement de Nakanokimi à
Niou. Ils décident de descendre le fleuve pour aller séjourner
dans la seconde maison de Yugiri, un autre prince, qui est voisine de
celle des princesses Uji. Sur leur bateau au toit décoré
de feuilles écarlates, Les deux princes font jouer de la musique
et des clochettes tintent. Nakanokimi les entend passer sans pouvoir
les voir, et elle se réjouit de la future rencontre. De son côté,
Niou est impatient de passer la nuit avec elle.
Sur le stylo, les deux hommes du bateau sont donc Kaoru et Niou, en
route pour la rencontre amoureuse qui doit sceller le plan de Kaoru.
Les feuilles écarlates qui décorent le bateau apparaissent
au-dessus de leur tête, au niveau du capuchon, sous un ciel de
nuages assombris par la nuit.
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