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Supreme Théâtre Nô : "Hagoromo" - 28 exemplaires
Maki-e réalisé par l'Artiste Wataru Kurotobi.
"Hagoromo", la robe Céleste de plumes.
Plume Sailor Cross Point, double lame, or massif 21 carats.

Théâtre Nô : HagoromoLe stylo-plume "Hagoromo":
Ce superbe stylo-plume est remarquable quant à sa composition centrale et ses 3 couleurs dominantes: le rouge "shu", le noir "roiro" de la couche portant le décor, et l'or très présent.
-la couche de fond est appelée "roiro": c'est le plus beau et brillant noir que les artistes-laqueurs obtiennent, avec des matières de qualité supérieure.
-La technique principale est "Taka-maki-e", soit un décor en relief." Taka " signifie " élevé, haut "; cette technique est un des piliers du maki-e et s'est développée dès le XIVème siècle. Le laque épais
" Hakushita-urushi " est teinté dans la masse de poudre d'or ici, et donne" Kin-taka-maki-e "; puis ce premier mélange est épaissi par l'ajout de matière poudreuse (ex : charbon de bois) pour créer une peinture légèrement en relief, appliquée sur une couche durcie. Le relief est accentué par la superposition des couches, puis le tout est recouvert de laque translucide pour la finition.
-le personnage central prend une pose typique du théâtre Nô, en se cachant en partie derrière son éventail (même les rôles féminins sont joués par des hommes, qui portent un masque blanc). Les costumes et accessoires du théâtre Nô sont magnifiques, et l'artiste a su rendre cette richesse dans tous les détails de la robe, la tiare et l'éventail.
Sur un fond de peinture "shu urushi" (laque pigmenté de rouge), l'artiste a créé en taka-maki-e de poudres d'or un décor de glycine pour évoquer les broderies de la robe "haku", dont les plis sont esquissés avec le même procédé.Cette robe est réalisée sur les deux parties du stylo, avec une correspondance parfaite des dessins. Elle se termine en un dégradé subtil qui permet de laisser la place au décor du pin.
L'éventail, le visage et la tiare sont époustouflants de beauté et de savoir-faire. Le visage ressort beaucoup et attire le regard, car l'artiste a choisi de le traiter en or, et non pas en peinture pigmentée de blanc cassé, ou en "rankaku" (coquille d'oeuf compressée), comme on aurait pu s'y attendre pour rendre le blanc du masque. Il n'a pas d'expression particulière pour rendre l'aspect figé des masques féminins qui ne portent pas de sourire. La tiare est exquise, et porte des incrustations de "kirigai" : éclats de nacre bleu-rosé d'ormeau, taillés et collés dans le laque frais; elle est surmontée d'un oiseau qui dans la réalité est factice mais pourvu de vraies plumes. Celles-ci sont rendues, comme toute la tiare, en or taka-maki-e, avec un souci du détail puisque l'on distingue les "yeux" des plumes de paon.
-le pin qui porte la robe évoque la première partie de la pièce Nô, et le traitement en est assez sommaire car ce n'est pas le sujet principal du décor du stylo. Ainsi la robe est juste esquissée. Le pin, plus détaillé, est en or taka-maki-e et ressort bien sur le fond noir "roiro".
-la plage au pied du pin est esquissée par une pluie de paillettes "Nashiji" que l'on retrouve sur le haut du capuchon pour évoquer les lumières de la scène. Le "Nashiji-maki-e" est une technique de saupoudrage de paillettes plates et irrégulières d'or " kin nashiji ", d'argent " gin nashiji " ou autre métal, sur un laque humide. Ce nom vient de la poire " nashi ", pour le rendu finement tacheté de sa peau. Ces paillettes (environ 8 graduations) sont pulvérisées avec un tsutsu (tige creuse de bambou), sauf les plus grosses, les " gyôbu nashiji ", piquées et appliquées à l'aide d'une aiguille. Cette technique est parfois appelée " flocons d'or ". Elle donne ici un dégradé progressif : l'artiste commence par les plus grosses paillettes, en veillant qu'elles ne se chevauchent pas, puis il applique les plus fines.

coffret du Hagoromo

"Hagoromo", la robe Céleste de plumes.

Un matin de printemps, un pêcheur nommé Hakuryo, part à la pêche avec ses compagnons. Il découvre alors sur la plage de Miho-no-matsubara, étendue sur la branche d'un pin, une magnifique robe.

Il s'apprête à l'emporter chez lui, mais une céleste jeune fille apparaît alors et lui demande de lui redonner cette robe. Au début, Hakuryo refuse; mais il est ému par cette jeune fille insistante, qui lui signale qu'elle ne peut retourner chez elle au paradis sans cette robe céleste. Il se décide donc à lui rendre cette magnifique robe de plumes en échange d'une représentation de danse céleste.

Alors que la jeune fille revêt sa robe de plumes, et joue cette danse qui décrit le Palace de la Lune; elle fait ainsi l'éloge du printemps à Miho-no-matsubara.

Et finalement, elle disparaît dans la brume par delà le Mont Fuji.

"Hagoromo" au Théâtre Nô :

Cette pièce de théâtre nô est basée sur une légende très connue de la robe céleste de plumes.

Dans le conte populaire, la jeune fille est contrainte d'épouser le jeune homme qui a pris et caché la robe céleste.
Mais dans la pièce nô, le jeune homme Hakuryo rend la robe céleste de plumes. Il suspecte d'abord la jeune fille de vouloir repartir au paradis sans exécuter au préalable sa danse céleste. Mais celle-ci répond que de tels doutes appartiennent au monde terrestre et qu'il n'y a pas de supercherie au paradis. Hakuryo, impressionné par ses paroles, décide de lui faire confiance et lui rend la robe.

La danse de la jeune fille est la clef de voûte de cette pièce nô. Cette danse est appelée Suruga-mai.

Le décor de cette pièce nô comprend la mer calme du printemps, le sable blanc de la plage, les pins luxuriants et verts. La danse exquise de la jeune fille entraîne la bonne humeur des acteurs nô et du public.

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