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King of Pens : Hidamari Chat assis sous le soleil printanier, 18 exemplaires au monde. Artiste Chinkin : Kiyoshi Torige

Le symbole du Chat :
En Asie, les symboles, anciens ou modernes, sont très présents dans la vie quotidienne et dans l'Art. Comme en occident, le chat est très apprécié; il est un symbole de grande longévité (d'ailleurs en chinois, le mot " chat " est un homophone de " être âgé de 70 ans "). Il a aussi le don d'éloigner les mauvais esprits.
Au Japon, la tradition du chat blanc " Maneki-neko " est toujours d'actualité et ce symbole est considéré comme un " gri-gri " puissant pour attirer la chance. Cette tradition est basée sur une légende qui remonte au 10ème siècle, et qui raconte que le premier chat fit son entrée au Japon comme cadeau d'un mandarin à l'Empereur Idi-Jô, le dixième jour de la 5ème lune de l'An 999. C'était une chatte blanche qui, mille ans plus tard, est présente dans tous les foyers nippons. Bardée de talismans, elle agite une patte, c'est un salut d'invitation ; la patte droite indique le bonheur ; la patte gauche promet la prospérité. C'est ainsi que le " maneki-neko " est souvent représenté dans les banques, et se glisse dans un coin de la vitrine des commerçants, pour inviter les passants à rentrer dans leur boutique.

Le stylo-plume SAILOR " Hidamari":
Il ne s'agit pas ici de chats "maneki-neko", et leur traitement est réaliste. Sur le capuchon, ce premier chat allongé et tranquille prend le soleil: c'est ce que signifie le terme "Hidamari" (soleil qui brille). Sur le corps du stylo, la pose est très différente puisqu'il s'agit d'un chat sur la défensive et prêt à bondir tout en feulant; cela crée un contraste avec la scène du haut. La technique Chinkin est parfaite pour rendre l'effet vaporeux du pelage, la finesse des moustaches, et la légèreté du pas feutré de cet animal.
La technique du Chinkin:
Le Chinkin est une technique décorative de laque originaire de Chine. Les articles laqués étaient embellis avec la technique Sokin, très connue en Chine et qui fut importée au Japon durant l'ère Muromachi (1338-1573). C'est pendant l'ère Edo (1603-1867) qu'un charpentier observa des boîtes en Sokin dans un temple.et y trouva son inspiration. Ceci fut le début du Chinkin (terme venant de "Sokin") au Japon, dans la région de Wajima.
Le Chinkin peut apparaître assez simple mais c'est pourtant une technique très exigeante qui ne laisse place à aucune erreur dans la gravure des motifs. Un motif approprié est d'abord défini par un contour peint au laque coloré sur du papier de riz et appliqué sur la surface à graver, par transfert de la couleur. Des outils similaires aux ciseaux à bois sont utilisés pour constituer le motif en creux. Les dessins sont réalisés par une infinité de petits trous et de lignes. Les incisions sont variables ou uniformes dans leur diamètre et profondeur en fonction de l'effet recherché.
Le laque, qui joue également le rôle d'adhésif, est appliqué sur le support ainsi gravé. L'or en feuille ou en poudre est déposé sur le support puis il est séché dans un séchoir en bois avec un taux d'humidité assez important.. Une fois sec, l'or en excès est nettoyé. Seul subsiste l'or qui a pénétré dans les reliefs gravés en creux (lignes et trous). Les caractères nippons pour Chinkin signifient littéralement " l'or en creux "
A côté de l'or, de l'argent et du platine, des poudres de pigments pour colorer sont également utilisées, mais moins fréquemment. Les dessins sans couleur ajoutée sont appelés " Subori ". " Zogan " est un autre type de Chinkin où les pigments colorants, l'or ou l'argent en poudre sont mélangés avec le laque et ensuite utilisés pour remplir les zones en creux préalablement gravées. Il est ensuite séché et poli jusqu'à ce que la surface soit parfaitement lisse.
L'apprentissage d'un artiste Chinkin nécessite 4 à 5 années pour l'obtention de son diplôme. L'apprenti commence par fabriquer des plaques (8 X 11 trous) en s'assurant que les trous sont disposés de façon régulière et qu'ils sont de même diamètre et profondeur. Il doit aussi veiller à l'entretien et l'affûtage de ses ciseaux à graver, appliquer l'or, savoir imaginer de nouveaux dessins artistiques et s'entraîner durant des années avant d'être considéré comme un véritable artiste Chinkin accompli.
Aujourd'hui, la technique Chinkin se localise essentiellement dans la region (Préfecture) de Wajima et dans celle de Ishikawa. Wajima est l'un des quelques centres spécialisés dans la laque au Japon qui prônent presque religieusement les techniques et les procédures authentiques : beaucoup de couches de laque par exemple doivent être appliquées pour cette technique spéciale Wajima, avec un soin infini; elles apportent une surface propice à la gravure Chinkin, et qui durera dans le temps.

Photo de l'artiste Chinkin Kiyoshi TorigeA propos de l'artiste :

Kiyoshi Torige
a commence à apprendre le Chinkin durant ses études supérieures. Il a eu le grand privilège d'avoir comme tuteur Mae Taiho, la légende vivante du Chinkin au Japon (Living National Treasure). Kiyoshi enseigne également à " Wajima Vocational High School " et au " Ishikawa Prefecture Lacquer Art Technical Institute ". Cet institut est l'une des deux seules écoles établies par le gouvernement au Japon pour perpétuer l'art de la laque.

Kiyoshi a gagné beaucoup de récompenses dans des concours affiliés au prestigieux " Japan Traditional Crafts Exhibition ". Ces concours sont arbitrés par le " Living National Treasure ".

 

 

 

 

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