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Supreme Théâtre Nô : "Okina" - 28 exemplaires
Maki-e réalisé par l'Artiste Wataru Kurotobi.
"Okina", une cérémonie shintoïste du théâtre Nô.
Plume Sailor Cross Point, double lame, or massif 21 carats.

Théâtre Nô : OkinaLe stylo-plume SUPREME "Okina":

Ce stylo déroule la stature entière du Shite, l'acteur principal, portant le costume et le masque de Okina. Il est entouré d'un halo de paillettes d'or "Nashiji" qui ressort sur la couche de fond noir "Roiro" (le plus beau noir brillant obtenu en techniques de laquage). Okina représente un dieu: le costume est somptueux, à la "mode" de l'ère Heian (714-1192), comme dans les manuscrits illustrés de "Genji Monogatari" (les contes du Genji, voir sur ce site les stylos concernés).
Les princes et dignitaires de la Cour portaient alors une "robe" brodée en soie jusqu'aux genoux, aux pans ouverts et aux manches démesurément larges, bordées d'un lien pour les rétrécir au besoin. Cette robe ou chasuble "kariginu" est maintenant en soie brochée (le broché est un tissage qui n'existait pas sous l'ère Heian); elle était portée sur un pantalon bouffant "sashi-nuki".
Pour rendre la beauté des tissus, l'artiste maki-e a peint les motifs évoquant les broderies à la peinture urushi or, très légèrement en relief, sur un laque coloré. Les motifs du pantalon sont plus en relief, grâce à la technique d'élévation d'un motif par accumulation de peinture poudrée d'or et épaissie.
Les hommes ne se séparaient pas de leur "tate-eboshi", une coiffe haute de soie laquée, en forme de cône et nouée par un lien; elle était réservée aux hauts-dignitaires et marquait leur rang. Elle est un signe extérieur de l'importance du personnage "Okina". L'artiste maki-e a rendu l'aspect brillant de cette coiffe en saupoudrant densément le fond roiro de paillettes d'or "Nashiji", et en délimitant sa forme par les cordons, traités en "gin-yugi": accumulation de peinture urushi à base de poudre d'argent et épaissie par une charge. Les liens des manches sont identiques et "structurent" la silhouette avec ceux de la coiffe.
A cette époque, hommes et femmes arboraient de somptueux éventails ("Ogi") dont ils se servaient quotidiennement. L'éventail du Okina fait partie intégrante de son jeu de scène (comme pour les autres acteurs du Nô); c'est une très belle pièce. L'artiste a choisi de ne pas mettre en avant l'éventail, traité ton sur ton avec le tissu de la robe, et vu en perspective fuyante.
Le masque "hakushiki-jo" réservé au rôle du Okina était en ivoire...blanc ou doré, ou en bois non coloré, (maintenant en céramique peinte). Il est très important; il représente un dieu sage, bienveillant et plein de compassion qui répond avec un sourire aux prières des hommes; ses traits évoquent un homme âgé, plus proche de la mort, donc des esprits et des dieux. L'artiste a fait un masque très réaliste et dont on distingue bien les détails habituels: sur un fond d'or en léger relief "Taka-maki-e" dont les ciselures évoquent les rides, l'artiste a créé certains attributs en "gin-yugi" (voir ci-dessus): les "ronds" du front, la longue barbichette et les attaches de la mandibule amovible. Ces motifs argentés font écho aux liens et aux éléments de décor de la scène, au-dessus du Okina.

http://www2.ntj.jac.go.jp/unesco/noh/en/noh_plays/okina.html

 



 

 

 

 

coffret du Hagoromo

Okina:

Cette forme théâtrale est avant tout une cérémonie shintoïste, qui emprunte les techniques et l'espace du Nô pour s'exprimer.
Okina est jouée à la nouvelle année, et pour quelques manifestations exceptionnelles.On la nomme aussi "Shiki Sanban" ("les trois rituels", qui sont "Chichi-no-jo", "Okina" et Kyogen sanba-sarugaku").

Elle trouve ses origines dans "Sarugaku", la voie classique du Nô. Le jeu théâtral se danse habituellement sur les 3 rituels, dont le but est d'appeler la paix, la sérénité et l'abondance des moissons sur la Terre. Cette cérémonie véhicule un mysticisme positif car elle bénit toutes les personnes présentes.
Les rituels s'accomplissent aussi en coulisses, avant la représentation; dans un espace appelé kagami-no-ma, un autel shinto est dressé pour accueillir des offrandes: le omiki (saké sacré), le gosenmai (riz béni) et l'oshio (sel purifié). On y présente aussi les accessoires des comédiens: omote (masques), ogi (éventails), eboshi (coiffes), et les tachi (sabres).

De même, les acteurs de Okina suivent tout un éventail de coutumes traditionnelles avant la représentation. Par exemple, le shite ( acteur principal) reste un long moment immobile devant un miroir, le kagami, pour bien s'imprégner de son rôle, dans le "kagami-no-ma où a été dressé l'autel.
Chaque acteur prend aussi un verre de omiki (saké). Le feu sacré Kiribi (des étincelles provenant d'un silex) est versé en pluie sur la scène. Ces actions purifient les lieux et les acteurs.
Arrive alors le début de la pièce. Quand le agemaku (rideau de scène) est levé, le kyogen-kata, (un des comédiens) apparaît en tenant une boîte : menbako, qui contient les masques hakushiki-jo et kokushiki-jo, et une cloche pour le Sanbaso (troisième personnage).

Chaque masque est ainsi présenté au public avant que les acteurs ne les portent car ils sont des objets de culte. Certains sont très anciens et sont conservés, le reste du temps, dans des sanctuaires shinto.

Les acteurs rejoignent leur place sur la scène, puis le jeu de danse commence.

Pour clôturer la représentation, le personnage Okina enlève le masque et quitte la scène avec un arc remis un peu plus tôt.

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